L'histoire de saint Benoît Joseph Labre
Benoît Joseph Labre était un garçon vraiment excentrique, un enfant chéri de Dieu. Né en France, aîné d'une fratrie de dix-huit enfants, il étudia auprès de son oncle, curé. Sa santé fragile et le manque de formation académique adéquate l'empêchèrent d'entrer dans les ordres. Puis, à seize ans, un changement radical s'opéra. Benoît perdit tout intérêt pour les études et renonça à la prêtrise, au grand désarroi de ses proches.
Il devint pèlerin, voyageant d'un grand sanctuaire à l'autre, vivant d'aumônes. Il portait les haillons d'un mendiant et partageait sa nourriture avec les pauvres. Animé d'un profond amour pour Dieu et son prochain, Benoît vouait une dévotion particulière à la Vierge Marie et au Saint-Sacrement. À Rome, où il vécut un temps dans le Colisée, on le surnommait « le pauvre des Quarante Heures » et « le mendiant de Rome ». Le peuple acceptait mieux son apparence misérable que lui-même. Il se justifiait ainsi : « Notre réconfort n'est pas de ce monde. »
Le 16 avril 1783, dernier jour de sa vie, Benoît XVI se rendit péniblement dans une église de Rome et y pria pendant deux heures avant de s'effondrer et de mourir paisiblement dans une maison voisine. Immédiatement après sa mort, le peuple le proclama saint.
Benoît Joseph Labre a été canonisé par le pape Léon XIII en 1881. Sa fête liturgique est célébrée le 16 avril.
Réflexion
Dans un quartier populaire d'une ville moderne, un homme du coin s'agenouille des heures durant sur le trottoir pour prier. Enveloppé dans tous ses vêtements, été comme hiver, il salue les passants d'une bénédiction. Nul ne sait où il dort, mais il est assurément un descendant spirituel direct de Benoît, cet homme misérable qui dormait dans les ruines du Colisée. De nos jours, on attribue un tel comportement à la folie ; les contemporains de Benoît le considéraient comme un saint. La sainteté est toujours un peu folle selon les critères terrestres.
17 avril