11 août | Sainte Claire d'Assise

Sainte Claire d'Assise

L'histoire de sainte Claire d'Assise

L'un des films les plus mièvres consacrés à François d'Assise présente Claire comme une beauté aux cheveux d'or flottant au milieu de champs baignés de soleil, une sorte de pendant féminin du nouvel ordre franciscain.

Le début de sa vie religieuse était digne d'un film. Ayant refusé de se marier à 15 ans, Claire fut profondément touchée par les sermons vibrants de François. Il devint son ami et guide spirituel pour la vie.

À dix-huit ans, Claire s'échappa une nuit de la maison paternelle. Accueillie sur le chemin par des frères munis de torches, elle reçut dans la modeste chapelle de la Portioncule une grossière robe de laine, troqua sa ceinture ornée de bijoux contre une simple corde nouée et sacrifia sa longue chevelure aux ciseaux de François. Celui-ci la plaça dans un couvent bénédictin, que son père et ses oncles prirent d'assaut, furieux. Claire s'accrocha à l'autel de l'église, rejeta son voile pour dévoiler ses cheveux coupés et resta inflexible.

Seize jours plus tard, sa sœur Agnès la rejoignit. D'autres vinrent ensuite. Elles menèrent une vie simple, marquée par une grande pauvreté, l'austérité et un isolement complet du monde, selon une règle que François leur avait donnée comme second ordre. À 21 ans, François obligea Claire, sous le régime de l'obéissance, à accepter la charge d'abbesse, qu'elle exerça jusqu'à sa mort.

Les Pauvres Dames marchaient pieds nus, dormaient à même le sol, ne mangeaient pas de viande et observaient un silence quasi absolu. Plus tard, Claire, à l'instar de François, persuada ses sœurs d'adoucir cette rigueur : « Nos corps ne sont pas d'airain. » L'accent était mis avant tout sur la pauvreté évangélique. Elles ne possédaient aucun bien, même en commun, et subsistaient grâce aux offrandes quotidiennes. Lorsque le pape lui-même tenta de persuader Claire d'atténuer cette pratique, elle fit preuve de sa fermeté habituelle : « J'ai besoin d'être absoute de mes péchés, mais je ne souhaite pas être dispensée de l'obligation de suivre Jésus-Christ. »

Les récits contemporains témoignent avec admiration de la vie de Claire au couvent de San Damiano à Assise. Elle soignait les malades et lavait les pieds des sœurs mendiantes. On disait qu'elle revenait de la prière le visage si rayonnant qu'il éblouissait son entourage. Elle souffrit d'une grave maladie durant les 27 dernières années de sa vie. Son influence était telle que papes, cardinaux et évêques venaient souvent la consulter ; Claire, quant à elle, ne quitta jamais les murs de San Damiano.

François demeura toujours son grand ami et une source d'inspiration. Claire resta toujours fidèle à sa volonté et au grand idéal de vie évangélique qu'il s'efforçait de concrétiser.

Une histoire bien connue relate sa prière et sa confiance. Claire fit placer le Saint-Sacrement sur les murs du couvent lorsque celui-ci fut attaqué par des Sarrasins. « Te plaît-il, ô Dieu, de livrer entre les mains de ces bêtes les enfants sans défense que j'ai nourris de ton amour ? Je t'en supplie, Seigneur, protège ceux que je ne peux plus protéger. » À ses sœurs, elle dit : « N'ayez pas peur. Ayez confiance en Jésus. » Les Sarrasins prirent la fuite.

Réflexion

Les 41 années de vie religieuse de Claire sont des exemples de sainteté : une résolution indomptable à mener une vie évangélique simple et littérale telle que François la lui avait enseignée ; une résistance courageuse à la pression constante de diluer l’idéal ; une passion pour la pauvreté et l’humilité ; une vie de prière ardente ; et une généreuse sollicitude pour ses sœurs.

11 août

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