L'histoire de Sainte Jeanne Frances de Chantal
Jane Frances était épouse, mère, religieuse et fondatrice d'une communauté. Sa mère mourut lorsqu'elle avait dix-huit mois, et son père, président du Parlement à Dijon, exerça une influence déterminante sur son éducation. Jane devint une femme d'une grande beauté et d'un raffinement certain, d'un tempérament vif et joyeux. À vingt et un ans, elle épousa le baron de Chantal, avec qui elle eut six enfants, dont trois moururent en bas âge. Dans son château, elle rétablit la messe quotidienne et s'engagea activement dans diverses œuvres caritatives.
Après sept ans de mariage, le mari de Jane fut tué, et elle sombra dans un profond désespoir pendant quatre mois dans la maison familiale. Son beau-père la menaça de déshériter ses enfants si elle ne retournait pas chez lui. Il avait alors 75 ans, était vaniteux, cruel et dépensier. Jane Frances parvint à garder le moral malgré lui et son insolente gouvernante.
À 32 ans, Jane rencontra saint François de Sales, qui devint son directeur spirituel et adoucit certaines des rigueurs imposées par son précédent directeur. Elle souhaitait entrer au couvent, mais il la persuada de reporter sa décision. Elle fit vœu de célibat et d'obéissance à son directeur spirituel.
Au bout de trois ans, François confia à Jane son projet de fonder un institut féminin qui serait un refuge pour celles dont la santé, l'âge ou d'autres raisons les empêchaient d'entrer dans les communautés existantes. Il n'y aurait pas de cloître, et elles seraient libres d'entreprendre des œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles. Leur vocation première serait d'incarner les vertus de Marie à la Visitation – d'où leur nom de sœurs de la Visitation – l'humilité et la douceur.
L'opposition habituelle à l'exercice du ministère par les femmes se manifesta et François de Sales fut contraint d'en faire une communauté cloîtrée suivant la règle de saint Augustin. François écrivit alors son célèbre poème épiscopal. Traité sur l'amour de Dieu Pour elles. La congrégation, composée de trois femmes, fut fondée lorsque Jane Frances avait 45 ans. Elle endura de grandes souffrances : la mort de François de Sales ; la mort de son fils ; une épidémie de peste ravagea la France ; la mort de sa belle-fille et de son gendre. Elle encouragea les autorités locales à déployer des efforts considérables pour les victimes de la peste et mit toutes les ressources de son couvent à la disposition des malades.
Durant une partie de sa vie religieuse, Jane Frances dut traverser de grandes épreuves spirituelles : une profonde angoisse intérieure, des ténèbres et une aridité spirituelle. Elle mourut lors d’une visite des couvents de sa communauté.
Réflexion
Il peut paraître étrange qu'un saint puisse souffrir d'aridité spirituelle, d'obscurité et d'angoisse intérieure. Nous avons tendance à penser que de telles choses sont le lot commun des personnes pécheuses « ordinaires ». Il est vrai qu'une partie de notre manque de vitalité spirituelle est peut-être de notre faute. Mais la vie de foi reste une vie de confiance, et parfois l'obscurité est si profonde que la confiance est mise à rude épreuve.
12 août