20 août | Saint Bernard de Clairvaux

Saint Bernard de Clairvaux

L'histoire de Saint Bernard de Clairvaux

L'homme du siècle ! La femme du siècle ! De nos jours, on qualifie tellement de personnalités de ces expressions – « golfeur du siècle », « compositeur du siècle », « plaqueur droit du siècle » – qu'elles en perdent toute leur force. Mais l'« homme du XIIe siècle » en Europe occidentale, sans aucun doute, était Bernard de Clairvaux. Conseiller des papes, prédicateur de la deuxième croisade, défenseur de la foi, artisan de la réconciliation, réformateur d'un ordre monastique, exégète, théologien et orateur éloquent : chacun de ces titres suffirait à distinguer un homme ordinaire. Or, Bernard était tout cela à la fois – et il conservait un désir ardent de retrouver la vie monastique et secrète de sa jeunesse.

En 1111, à l'âge de vingt ans, Bernard quitta sa maison pour rejoindre la communauté monastique de Cîteaux. Ses cinq frères, deux oncles et une trentaine de jeunes amis le suivirent au monastère. En quatre ans, la communauté, alors en déclin, retrouva suffisamment de vigueur pour fonder un nouveau monastère dans la vallée voisine de Clairvaux, avec Bernard comme abbé. Ce jeune homme zélé était exigeant, surtout envers lui-même. Un léger problème de santé lui apprit la patience et la compréhension. La vallée fut bientôt rebaptisée Clairvaux, la vallée de la lumière.

Sa réputation d'arbitre et de conseiller s'étendit rapidement. De plus en plus souvent, on le sollicitait pour régler des différends de longue date, loin du monastère. À plusieurs reprises, il sembla froisser certaines sensibilités à Rome. Bernard était entièrement dévoué à la primauté du Saint-Siège. Mais à une lettre d'avertissement venue de Rome, il répondit que les Pères de l'Église avaient déjà fort à faire pour maintenir l'unité de l'Église. Si une affaire quelconque nécessitait leur intervention, il serait le premier à les en informer.

Peu après, c'est Bernard qui intervint dans un schisme généralisé et le régla en faveur du pontife romain contre l'antipape.

Le Saint-Siège persuada Bernard de prêcher la deuxième croisade à travers l'Europe. Son éloquence fut si convaincante qu'une grande armée fut rassemblée et le succès de la croisade sembla assuré. Cependant, les idéaux des hommes et de leurs chefs ne partageaient pas ceux de l'abbé Bernard, et le projet se solda par un désastre militaire et moral total.

Bernard se sentait en quelque sorte responsable des effets néfastes de la croisade. Ce lourd fardeau a peut-être précipité sa mort, survenue le 20 août 1153.

Réflexion

La vie de Bernard au sein de l'Église fut d'une intensité inimaginable aujourd'hui. Ses efforts eurent des répercussions considérables. Mais il savait qu'ils n'auraient guère porté leurs fruits sans les nombreuses heures de prière et de contemplation qui lui apportaient force et inspiration divine. Sa vie fut marquée par une profonde dévotion à la Vierge Marie. Ses sermons et ses ouvrages sur Marie demeurent la référence en matière de théologie mariale.

20 août

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