L'histoire de saint Dominique
S'il n'avait pas fait ce voyage avec son évêque, Dominique serait probablement resté dans le cadre de la vie contemplative ; après ce voyage, il a passé le reste de sa vie comme contemplatif engagé dans un travail apostolique actif.
Né dans la vieille Castille, en Espagne, Dominique fut formé à la prêtrise par un oncle prêtre, étudia les arts et la théologie, et devint chanoine de la cathédrale d'Osma, où l'on tenta de faire revivre la vie communautaire apostolique décrite dans Actes des Apôtres .
Lors d'un voyage à travers la France avec son évêque, Dominique fut confronté à l'hérésie albigeoise, alors virulente, en Languedoc. Les Albigeois – ou Cathares, « les purs » – adhéraient à deux principes : le bien et le mal. Toute matière était mauvaise ; c'est pourquoi ils rejetaient l'Incarnation et les sacrements. Selon ce même principe, ils s'abstenaient de procréer et se contentaient du strict minimum en nourriture et en boisson. Le cercle restreint menait une vie de pureté et d'ascétisme que certains considéraient comme héroïque, contrairement aux fidèles ordinaires.
Dominique pressentait la nécessité pour l'Église de combattre cette hérésie et fut chargé de participer à la croisade de prédication contre elle. Il comprit immédiatement pourquoi cette croisade n'aboutissait pas : le peuple admirait et suivait les héros ascétiques des Albigeois. On comprend aisément qu'il ne fût guère impressionné par les prédicateurs catholiques qui voyageaient à cheval avec une suite, logeaient dans les meilleures auberges et employaient des domestiques. Dominique, accompagné de trois cisterciens, commença donc à prêcher de manière itinérante, fidèle à l'idéal évangélique. Il poursuivit cette œuvre pendant dix ans, rencontrant un certain succès auprès du peuple, mais non auprès des autorités.
Ses compagnons prédicateurs formèrent peu à peu une communauté, et en 1215, Dominique fonda une maison religieuse à Toulouse, marquant le début de l'Ordre des Prêcheurs ou Dominicains.
L'idéal de Dominique, et celui de son Ordre, était d'unir organiquement une vie avec Dieu, l'étude et la prière sous toutes ses formes, à un ministère de salut auprès des hommes par la Parole de Dieu. Son idéal : contemplata tradere : « transmettre les fruits de la contemplation » ou « parler uniquement de Dieu ou avec Dieu ».
Réflexion
L'idéal dominicain, comme celui de toutes les communautés religieuses, est d'imiter, et non seulement d'admirer, le reste de l'Église. L'harmonie entre contemplation et action est la vocation du chauffeur routier Smith, tout comme celle du théologien Thomas d'Aquin. La contemplation acquise est la paisible présence de Dieu ; elle est partie intégrante de toute vie humaine pleine et doit être la source de toute activité chrétienne.
8 août