14 juillet | Sainte Kateri Tekakwitha

Sainte Kateri Tekakwitha

L'histoire de sainte Kateri Tekakwitha

Le sang des martyrs est la semence des saints. Neuf ans après que les jésuites Isaac Jogues et Jean de Lelande eurent été tués à coups de tomahawk par des guerriers iroquois, une petite fille naquit près du lieu de leur martyre, à Auriesville, dans l'État de New York.

Sa mère était une Algonquine chrétienne, faite captive par les Iroquois et donnée en mariage au chef du clan mohawk, le plus courageux et le plus féroce des Cinq Nations. À quatre ans, Tekakwitha perdit ses parents et son petit frère lors d'une épidémie de variole qui la laissa défigurée et à moitié aveugle. Elle fut adoptée par un oncle, qui succéda à son père comme chef. Ce dernier abhorrait l'arrivée des Blackrobes – des missionnaires jésuites – mais ne pouvait rien faire contre eux, car un traité de paix avec les Français exigeait leur présence dans les villages abritant des captifs chrétiens. Touchée par les paroles de trois Blackrobes qui logeaient chez son oncle, elle renonça néanmoins, par crainte de lui, à chercher l'instruction. Tekakwitha refusa d'épouser un guerrier mohawk et, à 19 ans, elle trouva enfin le courage de se convertir. Elle fut baptisée sous le nom de Kateri – Catherine – le dimanche de Pâques.

Désormais, elle serait traitée comme une esclave. Comme elle refusait de travailler le dimanche, Kateri ne reçut aucun repas ce jour-là. Sa vie spirituelle s'épanouit rapidement. Elle confia à un missionnaire qu'elle méditait souvent sur la grande dignité du baptême. Profondément touchée par l'amour de Dieu pour l'humanité, elle reconnaissait la dignité de chacun des siens.

Elle était constamment en danger, car sa conversion et sa vie sainte suscitaient une forte opposition. Sur les conseils d'un prêtre, Kateri s'enfuit une nuit et entreprit un périple de 320 kilomètres à pied jusqu'à un village chrétien autochtone à Sault Saint-Louis, près de Montréal.

Pendant trois ans, elle progressa dans la sainteté sous la direction d'un prêtre et d'une femme iroquoise plus âgée, se donnant entièrement à Dieu par de longues heures de prière, la charité et une pénitence rigoureuse. À 23 ans, Kateri fit vœu de virginité, un acte sans précédent pour une femme autochtone dont l'avenir dépendait du mariage. Elle trouva un endroit dans les bois où elle pouvait prier une heure par jour – et fut accusée d'y rencontrer un homme !

Son attachement à la virginité était instinctif : Kateri ignorait tout de la vie religieuse féminine jusqu’à son voyage à Montréal. Inspirée par cette expérience, elle et deux amies souhaitèrent fonder une communauté, mais le curé de la paroisse l’en dissuada. Elle accepta humblement une vie ordinaire. Elle pratiquait un jeûne rigoureux en pénitence pour la conversion de sa nation. Kateri Tekakwitha mourut la veille du Jeudi saint. Des témoins racontèrent que son visage émacié changea de couleur et prit l’apparence de celui d’un enfant en bonne santé. Les marques de la souffrance, même les cicatrices de la variole, disparurent et un sourire illumina son visage. Elle fut béatifiée en 1980 et canonisée en 2012.

Réflexion

Nous aimons croire que notre condition nous empêche d'atteindre la sainteté. Si seulement nous pouvions avoir plus de solitude, moins d'opposition, une meilleure santé ! Kateri Tekakwitha reprend l'exemple des saints : la sainteté s'épanouit sur la croix, partout. Pourtant, elle avait ce dont les chrétiens – et tous les êtres humains – ont besoin : le soutien d'une communauté. Elle avait une bonne mère, des prêtres bienveillants, des amis chrétiens. Ces soutiens étaient présents dans ce que nous appelons des conditions primitives et s'épanouissaient dans la triade chrétienne ancestrale de la prière, du jeûne et de l'aumône : l'union avec Dieu en Jésus et dans l'Esprit, la discipline personnelle et souvent la souffrance, et la charité envers ses frères et sœurs.

14 juillet

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