L'histoire de Sainte Marie MacKillop
Si sainte Mary MacKillop était encore vivante aujourd'hui, son nom serait célèbre. Elle ne recherchait pas la gloire, bien au contraire : elle souhaitait simplement servir les pauvres où qu'elle les trouve dans son Australie natale. Mais, chemin faisant, elle s'attira les foudres de quelques ecclésiastiques influents. L'un d'eux l'excommunia même temporairement.
Née à Melbourne en 1842 de parents émigrés d'Écosse, Mary grandit dans une famille confrontée à des difficultés financières constantes. Jeune femme, elle se sentait attirée par la vie religieuse, mais ne trouvait aucune congrégation de sœurs qui corresponde à ses aspirations. En 1860, elle rencontra le père Julian Woods, qui devint son directeur spirituel. Ensemble, ils fondèrent une nouvelle communauté de femmes : les Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur, également connues sous le nom de Sœurs Josephites. Leur mission était d'assurer l'enseignement dans des écoles, notamment pour les enfants pauvres, ainsi que dans des orphelinats, et de mener d'autres œuvres de charité.
À mesure que la congrégation grandissait, les problèmes de Mary MacKillop s'aggravaient. Son prêtre ami se révéla peu fiable à bien des égards et il fut démis de ses fonctions de direction auprès des Sœurs. Parallèlement, Mary bénéficiait du soutien de certains évêques locaux, tandis qu'elle et ses Sœurs poursuivaient leur mission. Mais l'évêque d'Australie-Méridionale, vieillissant et dépendant de l'avis d'autrui, excommunia brièvement Mary – l'accusant de désobéissance – et dispensa cinquante de ses Sœurs de leurs vœux. En réalité, le différend de l'évêque portait sur le pouvoir et l'autorité. Il finit par lever son excommunication.
Marie insista pour que sa congrégation soit gouvernée par une mère générale élue, responsable devant Rome et non devant l'évêque local. Des désaccords surgirent également quant à la possibilité pour la congrégation de posséder des biens. Finalement, Rome se révéla être le principal soutien de Marie. Après une longue attente, l'approbation officielle de la congrégation – et de son mode de gouvernement – fut accordée par le pape Léon XIII.
Malgré ses difficultés avec les autorités ecclésiastiques, Mary MacKillop et ses sœurs ont pu offrir des services sociaux que peu, voire aucun, organisme gouvernemental australien ne pouvait proposer. Elles œuvraient auprès des protestants comme des catholiques. Elles travaillaient auprès des aborigènes. Elles enseignaient dans les écoles et les orphelinats et aidaient les mères célibataires.
L'argent, ou plutôt son absence, était une préoccupation constante. Mais les sœurs qui mendiaient de porte en porte étaient fortifiées par leur foi et par la conviction que leurs difficultés étaient autant d'occasions de se rapprocher de Dieu.
À l'approche de la fin de sa vie, la congrégation de Marie était florissante. Elle mourut en 1909 à l'âge de 67 ans. Le pape Jean-Paul II la béatifia en 1995. En 2010, lorsque le pape Benoît XVI la canonisa, elle devint la première sainte australienne. Sa fête liturgique est célébrée le 8 août.
Réflexion
L'histoire de nombreuses fondatrices de communautés religieuses et les récits des débuts de ces communautés sont passionnants. Ces femmes, dévouées et courageuses, ont lutté pour ceux qu'elles servaient. Rendons grâce au Seigneur d'avoir suscité de si beaux exemples de foi.
19 juillet