L'histoire des saints Pierre et Paul
Pierre (mort en 64 ?) : Saint Marc conclut la première partie de son Évangile par un triomphe. Il a relaté les doutes, les incompréhensions et l’opposition de nombreux croyants à Jésus. Pierre fait alors sa grande profession de foi : « Tu es le Messie » (Marc 8,29b). Ce fut l’un des nombreux moments glorieux de sa vie, depuis le jour où il fut appelé à quitter ses filets sur le lac de Galilée pour devenir pêcheur d’hommes pour Jésus.
Le Nouveau Testament présente clairement Pierre comme le chef des apôtres, choisi par Jésus pour entretenir une relation privilégiée avec lui. Avec Jacques et Jean, il eut le privilège d'assister à la Transfiguration, à la résurrection d'un enfant et à l'agonie de Gethsémani. Sa belle-mère fut guérie par Jésus. Il fut envoyé avec Jean pour préparer la dernière Pâque avant la mort de Jésus. Son nom figure en tête de toutes les listes d'apôtres.
Et à Pierre seulement, Jésus dit : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas. Car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. C’est pourquoi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clés du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Matthieu 16:17b-19).
Mais les Évangiles prouvent leur fiabilité par les détails peu flatteurs qu'ils contiennent sur Pierre. Il est clair qu'il n'avait pas d'attaché de presse. C'est un grand réconfort pour les simples mortels de savoir que Pierre, lui aussi, a ses faiblesses humaines, même en présence de Jésus.
Il a généreusement tout abandonné, et pourtant, avec une vanité enfantine, il demande : « Qu’allons-nous y gagner ? » (voir Matthieu 19,27). Il subit toute la force de la colère du Christ lorsqu’il s’oppose à l’idée d’un Messie souffrant : « Arrière de moi, Satan ! Tu es pour moi un obstacle. Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (Matthieu 16,23b).
Pierre est disposé à accepter la doctrine du pardon de Jésus, mais suggère une limite de sept fois. Il marche sur l'eau par foi, mais coule, rongé par le doute. Il refuse que Jésus lui lave les pieds, puis exige que tout son corps soit purifié. Lors de la Cène, il jure de ne jamais renier Jésus, puis jure à une servante qu'il ne l'a jamais connu. Il résiste loyalement à la première tentative d'arrestation de Jésus, au cours de laquelle Malchus se fait couper l'oreille, mais finit par s'enfuir avec les autres. Au plus profond de son chagrin, Jésus le regarde et lui pardonne, et Pierre sort en versant d'amères larmes. Le Christ ressuscité dit à Pierre de paître ses agneaux et ses brebis (Jean 21, 15-17).
Paul (mort en 64 ?). Si le prédicateur le plus connu d'aujourd'hui se mettait soudainement à prêcher que les États-Unis devraient adopter le marxisme et renoncer à la Constitution, la réaction indignée qu'il susciterait nous aiderait à comprendre la vie de Paul lorsqu'il commença à prêcher que seul le Christ peut nous sauver. Il avait été le plus pharisaïque des pharisiens, le plus légaliste des avocats mosaïques. Désormais, il apparaît aux autres Juifs comme un hérétique accueillant les païens, un traître et un apostat.
La conviction centrale de Paul était simple et absolue : seul Dieu peut sauver l’humanité. Aucun effort humain, même l’observance la plus scrupuleuse de la loi, ne peut créer un bien humain que nous puissions offrir à Dieu en réparation du péché et en paiement de sa grâce. Pour être sauvée d’elle-même, du péché, du diable et de la mort, l’humanité doit s’ouvrir pleinement à la puissance salvatrice de Jésus.
Paul n'a jamais cessé d'aimer sa famille juive, même s'il a entretenu toute sa vie un débat avec elle sur l'inutilité de la Loi sans le Christ. Il rappelait aux non-Juifs qu'ils étaient greffés sur la souche des Juifs, qui demeuraient le peuple élu de Dieu, les enfants de la promesse.
Réflexion
Nous irions probablement nous confesser à Pierre plus tôt qu'à n'importe quel autre apôtre. Il est peut-être l'exemple le plus frappant de la simple réalité de la sainteté. Jésus nous dit, comme il l'a dit, en substance, à Pierre : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais moi qui vous ai choisis. Pierre, ce n'est pas la sagesse humaine qui te permet de croire, mais la révélation de mon Père. C'est moi, et non vous, qui bâtis mon Église. » L'expérience de Paul face au Christ ressuscité sur le chemin de Damas fut le moteur qui fit de lui l'un des ambassadeurs du Christ les plus zélés, dynamiques et courageux que l'Église ait jamais connus. Mais la persécution, l'humiliation et la faiblesse devinrent le chemin quotidien de sa croix, matière première de sa transformation. Le Christ mourant était en lui ; le Christ vivant était sa vie.
29 juin