L'histoire de Saint Patrick
Les légendes sur Patrick abondent ; mais la vérité se révèle mieux en retenant deux qualités essentielles chez lui : l’humilité et le courage. La détermination à accepter la souffrance et le succès avec la même indifférence a guidé la vie de celui qui fut l’instrument de Dieu pour gagner la majeure partie de l’Irlande au Christ.
Les détails de sa vie restent incertains. Les recherches actuelles situent sa naissance et sa mort légèrement après les récits antérieurs. Patrick serait né à Dunbarton, en Écosse, dans le Cumberland, en Angleterre, ou dans le nord du Pays de Galles. Il se disait à la fois Romain et Breton. À seize ans, il fut capturé avec un grand nombre d'esclaves et de vassaux de son père par des pillards irlandais et vendu comme esclaves en Irlande. Contraint de travailler comme berger, il souffrit terriblement de la faim et du froid.
Après six ans de captivité, Patrick s'évada, probablement pour la France, et revint plus tard en Grande-Bretagne à l'âge de 22 ans. Sa captivité avait été pour lui une source de conversion spirituelle. Il a peut-être étudié à Lérins, au large des côtes françaises ; il passa plusieurs années à Auxerre, en France, et fut consacré évêque à l'âge de 43 ans. Son plus grand désir était d'annoncer la bonne nouvelle aux Irlandais.
Dans une vision onirique, il lui sembla que « tous les enfants d'Irlande, dès le ventre de leur mère, tendaient la main ». Il interpréta cette vision comme un appel à accomplir une mission en Irlande païenne. Malgré l'opposition de ceux qui estimaient que son éducation était insuffisante, il fut envoyé sur place. Il se rendit à l'ouest et au nord – où la foi n'avait jamais été prêchée –, obtint la protection des rois locaux et convertit de nombreuses personnes.
En raison du passé païen de l'île, Patrick insistait sur la nécessité pour les veuves de rester chastes et pour les jeunes femmes de consacrer leur virginité au Christ. Il ordonna de nombreux prêtres, divisa le pays en diocèses, convoqua des conciles, fonda plusieurs monastères et exhorta sans cesse son peuple à une plus grande sainteté en Christ.
Il dut faire face à une forte opposition de la part des druides païens et fut critiqué en Angleterre comme en Irlande pour sa manière de mener sa mission. En peu de temps, l'île s'était profondément imprégnée de l'esprit chrétien et était prête à envoyer des missionnaires dont les efforts contribuèrent grandement à la christianisation de l'Europe.
Patrick était un homme d'action, peu porté sur les études. Il avait une foi inébranlable en sa vocation, en la cause qu'il avait embrassée. Parmi les rares écrits dont l'authenticité est avérée figure sa Confessio , avant tout un acte d'hommage à Dieu qui avait appelé Patrick, pécheur indigne, à l'apostolat.
Il y a de l'espoir plutôt que de l'ironie dans le fait que son lieu de sépulture se trouverait dans le comté de Down, en Irlande du Nord, longtemps théâtre de conflits et de violences.
Réflexion
Ce qui distingue Patrick, c'est la constance de son engagement. Quand on considère l'état de l'Irlande à l'époque où il a commencé son œuvre missionnaire, l'ampleur de son travail et la façon dont les graines qu'il a semées ont continué de croître et de prospérer, on ne peut qu'admirer l'homme qu'il devait être. La sainteté d'une personne se mesure aux fruits de son œuvre.
17 mars
