18 mars | Saint Cyrille de Jérusalem

Saint Cyrille de Jérusalem

L'histoire de saint Cyrille de Jérusalem

Les crises que traverse l'Église aujourd'hui peuvent paraître mineures comparées à la menace que représentait l'hérésie arienne, qui niait la divinité du Christ et faillit anéantir le christianisme au IVe siècle. Cyrille fut pris dans la controverse, accusé d'arianisme par saint Jérôme, et finalement réhabilité par ses contemporains et proclamé docteur de l'Église en 1822.

Élevé à Jérusalem et instruit, notamment dans sa connaissance des Écritures, il fut ordonné prêtre par l'évêque de Jérusalem et chargé, durant le Carême, de catéchiser les préparant au baptême et, durant le temps pascal, les nouveaux baptisés. Ses catéchèses demeurent de précieux témoignages du rituel et de la théologie de l'Église au milieu du IVe siècle.

Les circonstances de son accession à l'épiscopat à Jérusalem font l'objet de récits contradictoires. Il est certain qu'il fut validement consacré par les évêques de la province. L'un d'eux étant arien, Acace, on pouvait s'attendre à sa collaboration. Un conflit éclata rapidement entre Cyrille et Acace, évêque de Césarée, siège rival situé à proximité. Cyrille fut convoqué à un concile, accusé d'insubordination et de vente de biens de l'Église pour secourir les pauvres. Il est probable, cependant, qu'une divergence théologique ait également joué un rôle. Condamné, chassé de Jérusalem, il fut ensuite réhabilité, non sans avoir bénéficié de l'aide de semi-ariens. Il passa la moitié de son épiscopat en exil ; il connut ainsi une première expérience similaire à deux reprises. À son retour, il trouva Jérusalem déchirée par l'hérésie, le schisme et les luttes intestines, et ravagée par le crime. Même saint Grégoire de Nysse, envoyé à son secours, repartit désespéré.

Tous deux se rendirent au concile de Constantinople, où fut promulguée la version amendée du Credo de Nicée en 381. Cyrille accepta le terme « consubstantiel » , c’est-à-dire que le Christ est de même substance ou nature que le Père. Certains y virent un acte de repentance, mais les évêques du concile le louèrent comme un champion de l’orthodoxie contre les Ariens. Bien que peu enclin à la sympathie pour le plus grand défenseur de l’orthodoxie face aux Ariens, Cyrille peut être compté parmi ceux qu’Athanase appelait « frères, qui pensent comme nous et ne divergent que sur le terme “consubstantiel ” ».

Réflexion

Ceux qui s'imaginent que la vie des saints est simple et paisible, à l'abri des controverses, sont brutalement ramenés à la réalité par l'histoire. Pourtant, il n'est pas surprenant que les saints, et en fait tous les chrétiens, connaissent les mêmes difficultés que leur Maître. La quête de la vérité est un cheminement sans fin et complexe, et des hommes et des femmes de bien ont souffert des controverses et des erreurs. Des obstacles intellectuels, émotionnels et politiques peuvent ralentir un temps des personnes comme Cyrille. Mais leur vie, considérée dans son ensemble, est un exemple d'honnêteté et de courage.

18 mars

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