L'histoire du bienheureux Jean de Parme
Septième ministre général de l'Ordre franciscain, Jean était connu pour ses efforts visant à faire renaître l'esprit originel de l'Ordre après la mort de saint François d'Assise.
Il naquit à Parme, en Italie, en 1209. C’est alors qu’il était un jeune professeur de philosophie, réputé pour sa piété et son érudition, que Dieu l’appela à quitter le monde qu’il connaissait pour entrer dans l’ordre franciscain. Après sa profession, Jean fut envoyé à Paris pour achever ses études de théologie. Ordonné prêtre, il fut nommé professeur de théologie à Bologne, puis à Naples, et enfin à Rome.
En 1245, le pape Innocent IV convoqua un concile général à Lyon. Crescentius, alors ministre général franciscain, était malade et ne put y assister. Il envoya à sa place frère Jean, qui fit forte impression sur les dignitaires de l'Église réunis. Deux ans plus tard, lorsque le même pape présida l'élection d'un ministre général franciscain, il se souvint bien de frère Jean et le présenta comme l'homme le plus qualifié pour cette fonction.
Ainsi, en 1247, Jean de Parme fut élu ministre général. Les disciples survivants de saint François se réjouirent de son élection, espérant un retour à l'esprit de pauvreté et d'humilité des premiers temps de l'Ordre. Et ils ne furent pas déçus. En tant que ministre général, Jean parcourut à pied, accompagné d'un ou deux compagnons, la quasi-totalité des couvents franciscains existants. Il lui arrivait parfois d'arriver sans être reconnu, et il y demeurait plusieurs jours pour éprouver la ferveur des frères.
Le pape appela Jean à servir comme légat à Constantinople, où il réussit à ramener les Grecs schismatiques. À son retour, il demanda qu'un autre prenne sa place à la tête de l'Ordre. Sur l'insistance de Jean, saint Bonaventure fut choisi pour lui succéder. Jean se retira alors dans l'ermitage de Greccio, menant une vie de prière.
Bien des années plus tard, Jean apprit que les Grecs, un temps réconciliés avec l'Église, étaient retombés dans le schisme. Âgé de quatre-vingts ans à l'époque, il reçut du pape Nicolas IV l'autorisation de retourner en Orient afin de tenter de rétablir l'unité. En chemin, il tomba malade et mourut.
Il a été béatifié en 1781.
Réflexion
Au XIIIe siècle, les trentenaires étaient considérés comme d'âge mûr ; rares étaient ceux qui atteignaient le vénérable âge de 80 ans. Jean, lui, y parvint, mais il ne prit pas une retraite paisible. Au contraire, il se rendait en Église pour tenter de réconcilier les fidèles lors de son décès. De nos jours, notre société compte de nombreuses personnes âgées. À l'instar de Jean, beaucoup mènent une vie active. Mais certains n'ont pas cette chance. La faiblesse ou la maladie les confinent dans la solitude, les laissant dans l'attente de nos nouvelles.
21 mars