L'histoire de saint Grégoire VII
Le Xᵉ siècle et la première moitié du XIᵉ furent des périodes sombres pour l'Église, en partie parce que la papauté était aux mains de diverses familles romaines. En 1049, la situation commença à évoluer avec l'élection du pape Léon IX, réformateur. Il fit venir à Rome un jeune moine nommé Hildebrand comme conseiller et représentant spécial pour les missions importantes. Hildebrand deviendrait Grégoire VII.
Trois fléaux rongeaient alors l'Église : la simonie – l'achat et la vente des charges et des biens sacrés ; le mariage illégitime des membres du clergé ; et l'investiture laïque – le contrôle exercé par les rois et les nobles sur la nomination des dignitaires ecclésiastiques. C'est à ces trois maux qu'Hildebrand consacra son action de réformateur, d'abord comme conseiller des papes, puis comme pape lui-même.
Les lettres papales de Grégoire insistent sur le rôle de l'évêque de Rome comme vicaire du Christ et centre visible de l'unité de l'Église. Il est notamment connu pour son long différend avec l'empereur du Saint-Empire romain germanique Henri IV concernant le pouvoir de nomination des évêques et des abbés.
Grégoire s'opposa farouchement à toute atteinte à la liberté de l'Église. Pour cela, il souffrit et mourut finalement en exil. Il déclara : « J'ai aimé la justice et haï l'iniquité ; c'est pourquoi je meurs en exil. » Trente ans plus tard, l'Église remporta définitivement sa lutte contre l'investiture laïque. La fête liturgique de saint Grégoire VII est célébrée le 25 mai.
Réflexion
La Réforme grégorienne, jalon de l'histoire de l'Église du Christ, doit son nom à cet homme qui s'efforça de soustraire la papauté et l'Église tout entière à l'emprise abusive des autorités civiles. Face à un nationalisme ecclésiastique malsain qui se manifestait dans certaines régions, Grégoire réaffirma l'unité de toute l'Église, fondée sur le Christ et incarnée par l'évêque de Rome, successeur de saint Pierre.
23 mai