L'histoire du vénérable Pierre Toussaint
Né dans l'actuel Haïti et amené à New York comme esclave, Pierre est mort libre, coiffeur renommé et l'un des catholiques les plus connus de New York.
Le propriétaire de plantation Pierre Bérard fit de Toussaint un esclave domestique et autorisa sa grand-mère à lui apprendre à lire et à écrire. Au début de la vingtaine, Pierre, sa jeune sœur, sa tante et deux autres esclaves domestiques accompagnèrent le fils de leur maître à New York en raison des troubles politiques qui agitaient leur pays. Apprenti coiffeur du quartier, Pierre apprit rapidement le métier et travailla par la suite avec succès chez de riches femmes new-yorkaises.
À la mort de son maître, Pierre était déterminé à subvenir à ses besoins, à ceux de la veuve et des autres esclaves de la maison. Il fut affranchi peu avant le décès de la veuve en 1807.
Quatre ans plus tard, il épousa Marie Rose Juliette, dont il avait racheté la liberté. Ils adoptèrent ensuite Euphémie, sa nièce orpheline. Toutes deux décédèrent avant Pierre. Il assistait quotidiennement à la messe à l'église Saint-Pierre de Barclay Street, la même paroisse que sainte Élisabeth-Ann-Seton.
Pierre fit des dons à diverses œuvres caritatives, aidant généreusement Noirs et Blancs dans le besoin. Avec sa femme, il ouvrit sa maison à des orphelins et leur offrit une éducation. Le couple soigna également des personnes abandonnées atteintes de fièvre jaune. Sommé de prendre sa retraite et de profiter de sa fortune, Pierre répondit : « J’ai assez pour moi, mais si j’arrête de travailler, je n’aurai plus assez pour les autres. »
Pierre fut initialement enterré à l'extérieur de l'ancienne cathédrale Saint-Patrick, où l'entrée lui fut un jour refusée en raison de sa couleur de peau. Sa sainteté et la dévotion populaire qu'il suscitait entraînèrent le transfert de sa dépouille à l'emplacement actuel de la cathédrale Saint-Patrick, sur la Cinquième Avenue.
Pierre Toussaint a été déclaré Vénérable en 1996.
Réflexion
Pierre était libre intérieurement bien avant d'être libre légalement. Refusant de s'aigrir, il choisissait chaque jour de coopérer avec la grâce de Dieu, devenant ainsi un signe éloquent de l'amour infiniment généreux de Dieu.
28 mai