L'histoire des saints Philippe et Jacques
Jacques, fils d'Alphée : nous ne savons rien de cet homme, si ce n'est son nom et le fait que Jésus l'ait choisi comme l'un des douze piliers du Nouvel Israël, son Église. Il ne s'agit pas du Jacques des Actes des Apôtres, fils de Clopas, « frère » de Jésus, devenu plus tard évêque de Jérusalem et auteur traditionnel de l'Épître de Jacques. Jacques, fils d'Alphée, est également connu sous le nom de Jacques le Mineur afin d'éviter toute confusion avec Jacques, fils de Zébédée, lui aussi apôtre et connu sous le nom de Jacques le Majeur.
Philippe : Philippe était originaire de la même ville que Pierre et André, Bethsaïda en Galilée. Jésus l’appela directement, et Philippe alla trouver Nathanaël et lui parla de « celui dont Moïse a écrit » (Jn 1, 45).
Comme les autres apôtres, Philippe mit longtemps à comprendre qui était Jésus. Un jour, voyant la foule immense qui le suivait et voulant leur donner à manger, Jésus demanda à Philippe où ils pouvaient acheter du pain. Saint Jean rapporte : « Il lui dit cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait ce qu’il allait faire » (Jn 6,6). Philippe répondit : « Même avec deux cents jours de salaire, on n’en aurait pas assez pour que chacun en ait un petit morceau » (Jn 6,7).
Le récit de Jean ne dénigre pas Philippe. Il était simplement nécessaire que ces hommes, qui allaient être les fondements de l'Église, perçoivent clairement la différence entre l'impuissance totale de l'humanité sans Dieu et sa capacité, par le don de Dieu, à être porteuse de la puissance divine.
À une autre occasion, on perçoit presque l'exaspération dans la voix de Jésus. Après que Thomas se fut plaint de ne pas savoir où il allait, Jésus répondit : « Je suis le chemin. Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant, vous le connaissez et vous l'avez vu » (Jn 14,6a.7). Philippe dit alors : « Maître, montre-nous le Père, et cela nous suffira » (Jn 14,8). Suffisant ! Jésus répondit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas encore, Philippe ? Celui qui m'a vu a vu le Père » (Jn 14,9a).
Peut-être parce que Philippe portait un nom grec ou parce qu'on le croyait proche de Jésus, des prosélytes non juifs vinrent le trouver et lui demandèrent de les présenter à Jésus. Philippe alla trouver André, et André alla trouver Jésus. La réponse de Jésus dans l'Évangile de Jean est indirecte : il dit que son « heure » est venue, que bientôt il donnera sa vie pour les Juifs et les non-Juifs.
Réflexion
Comme pour les autres apôtres, nous voyons en Jacques et Philippe des hommes devenus les fondements de l'Église, et cela nous rappelle que la sainteté et l'apostolat qui en découle sont entièrement un don de Dieu, et non le fruit d'une œuvre humaine. Toute puissance vient de Dieu, même la liberté humaine d'accepter ses dons. « Vous serez revêtus de la puissance d'en haut », dit Jésus à Philippe et aux autres. Leur première mission avait été de chasser les esprits impurs, de guérir les malades et d'annoncer le Royaume. Ils apprirent peu à peu que ces actes extérieurs étaient les sacrements d'un miracle encore plus grand qui résidait en eux : la puissance divine d'aimer comme Dieu.
3 mai