L'histoire de sainte Catherine de Sienne
La valeur centrale que Catherine place au cœur de sa courte vie, et qui transparaît avec clarté et constance tout au long de son expérience, est l'abandon total au Christ. Ce qui est le plus impressionnant chez elle, c'est qu'elle apprenne à considérer cet abandon à son Seigneur comme un but à atteindre au fil du temps.
Elle était la vingt-troisième enfant de Jacopo et Lapa Benincasa et grandit, intelligente, joyeuse et profondément religieuse. Catherine déçut sa mère en se coupant les cheveux pour protester contre les incitations à soigner son apparence afin de trouver un mari. Son père ordonna qu'on la laisse tranquille et lui attribua une chambre pour la prière et la méditation.
Elle entra dans le Tiers-Ordre dominicain à l'âge de 18 ans et passa les trois années suivantes dans la solitude, la prière et l'austérité. Peu à peu, un groupe de disciples se forma autour d'elle : hommes et femmes, prêtres et religieux. De sa vie contemplative naquit un apostolat public actif. Ses lettres, destinées principalement à l'instruction spirituelle et à l'encouragement de ses disciples, commencèrent à aborder de plus en plus les affaires publiques. Son engagement sans faille dans le monde et ses propos francs et empreints de l'autorité d'une personne entièrement dévouée au Christ lui valurent opposition et calomnies. Elle fut innocentée de toutes les accusations lors du Chapitre général dominicain de 1374.
Son influence publique atteignit des sommets grâce à sa sainteté manifeste, son appartenance au Tiers-Ordre dominicain et la profonde impression qu'elle fit sur le pape. Elle œuvra sans relâche pour la croisade contre les Turcs et pour la paix entre Florence et le pape.
En 1378, le Grand Schisme éclata, divisant l'allégeance de la chrétienté entre deux, puis trois papes et plaçant même des saints dans des camps opposés. Catherine passa les deux dernières années de sa vie à Rome, en prière et en intercédant pour la cause du pape Urbain VI et l'unité de l'Église. Elle s'offrit en victime pour l'Église dans son agonie. Elle mourut entourée de ses « enfants » et fut canonisée en 1461.
Catherine d'Avila compte parmi les mystiques et les auteurs spirituels les plus importants de l'Église. En 1939, elle fut proclamée, avec François d'Assise, copatronne de l'Italie. Le pape Paul VI la nomma, ainsi que Thérèse d'Avila, docteur de l'Église en 1970. Son testament spirituel se trouve dans le Dialogue .
Réflexion
Bien que sa vie ait été marquée par une foi et une spiritualité très différentes de celles de notre époque, Catherine de Sienne nous accompagne sur le chemin chrétien par son engagement sans faille à inviter le Seigneur à s'incarner en elle. Sa biographie est ponctuée d'événements qui pourraient nous faire grimacer, sourire ou même bâiller : une expérience mystique à six ans, des fiançailles précoces avec le Christ, des récits d'ascétisme rigoureux, de fréquentes visions extatiques. Pourtant, Catherine vivait à une époque qui ignorait les bouleversements de l'Amérique mobile du XXIe siècle. La valeur de sa vie pour nous aujourd'hui réside dans sa conception de la sainteté comme un but à atteindre tout au long de sa vie.
29 avril