L'histoire de sainte Marguerite Bourgeoys
« Dieu ferme une porte et ouvre une fenêtre », dit-on parfois face à sa propre déception ou à celle d'autrui. Ce fut assurément le cas pour Marguerite. Au XVIIe siècle, au Canada, des enfants d'origine européenne et amérindienne bénéficièrent de son zèle exceptionnel et de sa confiance inébranlable en la providence divine.
Née à Troyes, en France, sixième d'une fratrie de douze enfants, Marguerite, à l'âge de vingt ans, se sentait appelée à la vie religieuse. Ses demandes d'admission chez les Carmélites et les Clarisses restèrent sans réponse. Un prêtre ami lui suggéra que Dieu avait peut-être d'autres projets pour elle.
En 1654, le gouverneur de la colonie française du Canada rendit visite à sa sœur, une chanoinesse augustinienne de Troyes. Marguerite appartenait à une congrégation liée à ce couvent. Le gouverneur l'invita à venir au Canada et à fonder une école à Ville-Marie (qui deviendra plus tard Montréal). À son arrivée, la colonie comptait 200 habitants et disposait d'un hôpital et d'une chapelle de mission jésuite.
Peu après avoir fondé son école, elle prit conscience de son besoin de collaboratrices. De retour à Troyes, elle recruta une amie, Catherine Crolo, et deux autres jeunes femmes. En 1667, elles ouvrirent des classes pour enfants amérindiens dans leur école. Un second voyage en France, trois ans plus tard, permit de recruter six autres jeunes femmes et d'obtenir une lettre du roi Louis XIV autorisant l'établissement. La Congrégation de Notre-Dame fut établie en 1676, mais ses membres ne prononcèrent leurs vœux religieux qu'en 1698, date à laquelle leur Règle et leurs constitutions furent approuvées.
Marguerite a fondé une école pour jeunes filles autochtones à Montréal. À 69 ans, elle a parcouru à pied la distance entre Montréal et Québec, répondant à la demande de l'évêque d'y établir une communauté de ses sœurs. À sa mort, elle était surnommée la « Mère de la Colonie ». Marguerite a été canonisée en 1982.
Réflexion
Il est facile de se décourager lorsque des projets que l'on croit approuvés par Dieu sont contrariés. Marguerite n'était pas appelée à la vie monastique, mais à la fondation d'entreprises et à l'éducation. Dieu ne l'avait donc pas oubliée.
12 janvier
