L'histoire de saint André Bessette
Frère André a exprimé sa foi de saint par une dévotion de toute une vie à saint Joseph.
André fut chétif et fragile dès sa naissance. Huitième d'une fratrie de douze enfants, il naquit d'un couple canadien-français près de Montréal. Adopté à l'âge de douze ans, après le décès de ses deux parents, il devint ouvrier agricole. Il exerça ensuite divers métiers : cordonnier, boulanger, forgeron – sans succès. Il travailla ensuite en usine aux États-Unis durant la période faste de la guerre de Sécession.
À 25 ans, André fit une demande d'entrée dans la Congrégation de Sainte-Croix. Après une année de noviciat, sa santé fragile le lui refusa. Mais grâce à une prolongation et à l'insistance de Mgr Bourget, il fut finalement admis. On lui confia l'humble poste de portier au Collège Notre-Dame de Montréal, ainsi que les fonctions de sacristain, de blanchisseur et de messager. « Quand je suis entré dans cette communauté, les supérieurs m'ont mis à la porte, et j'y suis resté quarante ans », a-t-il déclaré.
Dans sa petite chambre près de la porte, il passa une grande partie de la nuit à genoux. Sur le rebord de sa fenêtre, face au mont Royal, se trouvait une petite statue de saint Joseph, auquel il vouait une grande dévotion depuis son enfance. Interrogé à ce sujet, il répondit : « Un jour, saint Joseph sera honoré d’une manière très spéciale sur le mont Royal ! »
Lorsqu'il apprenait qu'une personne était malade, il lui rendait visite pour la réconforter et prier avec elle. Il lui enduisait légèrement le corps d'huile provenant d'une lampe qui brûlait dans la chapelle du collège. La réputation de ses pouvoirs de guérison commença à se répandre.
Lorsqu'une épidémie éclata dans un collège voisin, André se porta volontaire comme infirmier. Personne ne mourut. Le flot incessant de malades qui se présentaient à sa porte devint un véritable raz-de-marée. Ses supérieurs étaient inquiets ; les autorités diocésaines se méfiaient ; les médecins le traitaient de charlatan. « Je ne guéris pas », répétait-il sans cesse. « C'est saint Joseph qui guérit. » Finalement, il eut besoin de quatre secrétaires pour gérer les 80 000 lettres qu'il recevait chaque année.
Pendant de nombreuses années, les autorités de Sainte-Croix avaient tenté d'acquérir des terres sur le mont Royal. Frère André et d'autres gravirent la colline escarpée et y plantèrent des médailles de saint Joseph. Soudain, les propriétaires cédèrent. André réunit 200 dollars pour y construire une petite chapelle et commença à y recevoir des visiteurs, souriant pendant de longues heures à les écouter et à leur appliquer l'huile de saint Joseph. Certains furent guéris, d'autres non. Le tas de béquilles, de cannes et d'orthèses ne cessa de s'alourdir.
La chapelle s'agrandit également. En 1931, ses murs brillaient de mille feux, mais les fonds vinrent à manquer. « Placez une statue de saint Joseph au centre. S'il veut un toit, il l'aura. » La construction du magnifique oratoire du mont Royal dura cinquante ans. Le jeune garçon, à la santé fragile et incapable de conserver un emploi, mourut à 92 ans.
Il est enterré à l'Oratoire. Il a été béatifié en 1982 et canonisé en 2010. Lors de sa canonisation en octobre 2010, le pape Benoît XVI a déclaré que saint André « a vécu la béatitude des cœurs purs ».
Réflexion
Se frotter les membres malades avec de l'huile ou une médaille ? Planter une médaille pour acheter un terrain ? N'est-ce pas de la superstition ? N'avons-nous pas depuis longtemps dépassé ces pratiques ? Les superstitieux ne s'appuient que sur la « magie » d'une parole ou d'un acte. L'huile et les médailles de frère André étaient d'authentiques sacramentaux d'une foi simple et totale dans le Père qui permet à ses saints de l'aider à bénir ses enfants.
6 janvier