L'histoire de saint Raymond de Peñafort
Comme Raymond vécut jusqu'à cent ans, il eut l'occasion de réaliser de nombreuses choses. Membre de la noblesse espagnole, il disposait des ressources et de l'éducation nécessaires pour bien démarrer dans la vie.
À vingt ans, il enseignait déjà la philosophie. Au début de la trentaine, il obtint un doctorat en droit canonique et civil. À quarante et un ans, il entra chez les Dominicains. Le pape Grégoire IX l'appela à Rome pour travailler à son service et devenir son confesseur. L'une des missions que le pape lui confia fut de rassembler tous les décrets pontificaux et conciles promulgués au cours des quatre-vingts années écoulées depuis un recueil similaire réalisé par Gratien. Raymond compila cinq ouvrages intitulés les Décrétales . Ces dernières furent considérées comme l'un des recueils de droit canonique les mieux organisés jusqu'à la codification du droit canonique en 1917.
Auparavant, Raymond avait écrit à l'intention des confesseurs un recueil de cas, intitulé Summa de Casibus Poenitentiae . Plus qu'une simple liste de péchés et de pénitences, il traitait des doctrines et des lois pertinentes de l'Église en rapport avec le problème ou le cas présenté au confesseur.
À 60 ans, Raymond fut nommé archevêque de Tarragone, capitale de l'Aragon. Il n'apprécia guère cet honneur et finit par tomber malade et démissionner deux ans plus tard.
Il ne put cependant profiter longtemps de sa tranquillité, car à 63 ans, il fut élu par ses confrères dominicains à la tête de l'Ordre, succédant ainsi à saint Dominique. Raymond travailla sans relâche, visita à pied tous les dominicains, réorganisa leurs constitutions et parvint à faire adopter une disposition autorisant la démission du maître général. Une fois les nouvelles constitutions acceptées, Raymond, alors âgé de 65 ans, démissionna.
Il lui restait encore 35 ans pour lutter contre l'hérésie et œuvrer à la conversion des Maures d'Espagne. Il persuada saint Thomas d'Aquin d'écrire son ouvrage Contre les Gentils .
À l'âge de 100 ans, le Seigneur permit à Raymond de prendre sa retraite.
Réflexion
Raymond était juriste et canoniste. Le légalisme peut étouffer la véritable religion s'il s'attache trop à la lettre de la loi au point d'en négliger l'esprit et la finalité. La loi peut alors devenir une fin en soi, au point d'occulter la valeur qu'elle visait à promouvoir. Il faut cependant se garder de tomber dans l'excès inverse et de considérer la loi comme inutile ou à prendre à la légère. Idéalement, les lois énoncent ce qui est dans l'intérêt supérieur de tous et garantissent les droits de chacun. De Raymond, nous pouvons apprendre à respecter la loi comme un moyen de servir le bien commun.
7 janvier