L'histoire de saint Léon le Grand
Animé d'une profonde conviction quant à l'importance de l'évêque de Rome au sein de l'Église et quant au rôle de l'Église comme signe permanent de la présence du Christ dans le monde, Léon le Grand fit preuve d'un dévouement sans faille en tant que pape. Élu en 440, il œuvra inlassablement comme « successeur de Pierre », guidant ses confrères évêques avec une égalité manifeste dans l'épiscopat et face aux faiblesses.
Léon XIII est reconnu comme l'un des papes les plus efficaces en matière d'administration de l'Église primitive. Son action s'articule autour de quatre axes principaux, témoignant de sa conception de la responsabilité totale du pape envers le troupeau du Christ. Il s'attache à combattre les hérésies telles que le pélagianisme (qui prône une liberté individuelle excessive), le manichéisme (qui considère tout ce qui est matériel comme mauvais) et d'autres encore, exigeant de leurs adeptes qu'ils adhèrent à la véritable foi chrétienne.
Un autre sujet majeur de préoccupation pour lui était la controverse doctrinale au sein de l'Église d'Orient, à laquelle il répondit par une lettre devenue un classique, exposant l'enseignement de l'Église sur les deux natures du Christ. Animé d'une foi inébranlable, il mena également la défense de Rome contre les attaques barbares, œuvrant comme artisan de paix.
Dans ces trois domaines, l'œuvre de Léon a été grandement appréciée. Sa canonisation repose sur la profondeur spirituelle avec laquelle il a abordé le soin pastoral de son peuple, qui constituait le quatrième axe de son action. Il est réputé pour la profondeur spirituelle de ses sermons. Instrument de l'appel à la sainteté, versé dans les Écritures et doté d'une grande conscience ecclésiastique, Léon savait répondre aux besoins et aux intérêts quotidiens de son peuple. L'un de ses sermons est utilisé lors de l'office des lectures de Noël.
On dit de Léon que sa véritable importance réside dans son insistance doctrinale sur les mystères du Christ et de l'Église, ainsi que sur les charismes surnaturels de la vie spirituelle donnée à l'humanité en Christ et en son Corps, l'Église. Léon affirmait ainsi fermement que tout ce qu'il faisait et disait en tant que pape, pour l'administration de l'Église, représentait le Christ, chef du Corps mystique, et saint Pierre, au nom duquel il agissait.
Réflexion
À l’heure où les structures de l’Église font l’objet de nombreuses critiques, on entend aussi dire que les évêques et les prêtres – et nous tous, en réalité – sommes trop préoccupés par l’administration des affaires temporelles. Le pape Léon XIII est un exemple de grand administrateur qui a mis ses talents au service de domaines où l’esprit et la structure sont indissociables : la doctrine, la paix et la pastorale. Il a su éviter un « angélisme » qui prétend vivre sans le corps, ainsi qu’un « pragmatisme » qui ne s’intéresse qu’aux aspects extérieurs.
10 novembre