11 novembre | Saint-Martin-de-Tours

Saint Martin de Tours

L'histoire de saint Martin de Tours

Un objecteur de conscience qui voulait devenir moine ; un moine qui fut amené à devenir évêque ; un évêque qui lutta contre le paganisme et plaida pour la miséricorde des hérétiques — tel fut Martin de Tours, l'un des saints les plus populaires et l'un des premiers à ne pas être martyr.

Né de parents païens dans l'actuelle Hongrie et élevé en Italie, ce fils de vétéran fut enrôlé de force dans l'armée à l'âge de 15 ans. Martin devint catéchumène et fut baptisé à 18 ans. On disait qu'il vivait davantage comme un moine que comme un soldat. À 23 ans, il refusa une prime de guerre et déclara à son commandant : « Je vous ai servi comme soldat ; laissez-moi maintenant servir le Christ. Donnez cette prime à ceux qui vont combattre. Mais je suis un soldat du Christ et il ne m'est pas permis de combattre. » Après de grandes difficultés, il fut démobilisé et devint disciple d'Hilaire de Poitiers.

Il fut ordonné exorciste et lutta avec ferveur contre les Ariens. Martin devint moine et vécut d'abord à Milan, puis sur une petite île. Après la restauration d'Hilaire sur son siège suite à son exil, Martin retourna en France et fonda près de Poitiers ce qui pourrait être le premier monastère français. Il y vécut dix ans, formant ses disciples et prêchant dans toute la région.

Les habitants de Tours réclamèrent qu'il devienne leur évêque. Martin fut attiré dans cette ville par un prétexte – la détresse d'un malade – et conduit à l'église, où il accepta à contrecœur d'être consacré évêque. Certains évêques, lors de la consécration, estimaient que son allure négligée et ses cheveux en désordre le rendaient indigne de cette charge.

Avec saint Ambroise, Martin rejeta le principe de l'évêque Ithacius qui préconisait la peine de mort pour les hérétiques, ainsi que l'ingérence de l'empereur dans ces affaires. Il obtint de l'empereur qu'il épargne la vie de l'hérétique Priscillien. Pour ses efforts, Martin fut accusé de la même hérésie, et Priscillien fut finalement exécuté. Martin plaida alors pour la cessation des persécutions contre les disciples de Priscillien en Espagne. Il pensait encore pouvoir coopérer avec Ithacius sur d'autres points, mais par la suite, sa conscience le tourmenta quant à cette décision.

À l'approche de la mort, les disciples de Martin le supplièrent de ne pas les quitter. Il pria : « Seigneur, si ton peuple a encore besoin de moi, je ne refuse pas ma mission. Que ta volonté soit faite. »

Réflexion

L'inquiétude de Martin face à la coopération avec le mal nous rappelle que presque rien n'est tout noir ou tout blanc. Les saints ne sont pas des êtres d'un autre monde : ils sont confrontés aux mêmes choix difficiles que nous. Toute décision de conscience comporte toujours une part de risque. Si nous choisissons d'aller au nord, nous ne saurons peut-être jamais ce qui se serait passé si nous étions allés à l'est, à l'ouest ou au sud. Se retirer systématiquement et avec une prudence excessive de toute situation complexe n'est pas une vertu ; c'est en réalité une mauvaise décision, car « ne pas décider, c'est décider ».

11 novembre

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