16 octobre | Sainte Marguerite-Marie Alacoque

Sainte Marguerite-Marie Alacoque

L'histoire de sainte Marguerite-Marie Alacoque

Marguerite-Marie a été choisie par le Christ pour éveiller l'Église à la prise de conscience de l'amour de Dieu symbolisé par le cœur de Jésus.

Ses premières années furent marquées par la maladie et une situation familiale douloureuse. « Ma plus grande souffrance était de ne rien pouvoir faire pour soulager celle de ma mère. » Après avoir longtemps envisagé le mariage, Marguerite-Marie entra dans l’Ordre des Visitandines à l’âge de 24 ans.

Une religieuse de la Visitation ne devait « se distinguer que par sa simplicité », mais la jeune Marguerite-Marie ne goûta pas à cet anonymat. Une autre novice la décrivait comme humble, simple et franche, mais surtout, bienveillante et patiente face aux critiques et aux corrections acerbes. Elle ne parvenait pas à méditer de la manière formelle attendue, malgré ses efforts pour renoncer à sa « prière de simplicité ». Lente, discrète et maladroite, elle fut affectée à l'assistance d'une infirmière débordante d'énergie.

Le 21 décembre 1674, après trois ans de vie monastique, elle reçut la première de ses révélations. Elle se sentit investie de la présence de Dieu, tout en craignant de se tromper elle-même en de telles matières. Le Christ lui avait demandé que son amour pour l'humanité se manifeste à travers elle.

Durant les treize mois suivants, le Christ lui apparut par intermittence. Son cœur humain devait symboliser son amour divin et humain. Par son propre amour, Marguerite-Marie devait compenser la froideur et l'ingratitude du monde : par une communion fréquente et fervente, particulièrement le premier vendredi de chaque mois, et par une veillée de prière d'une heure chaque jeudi soir en mémoire de son agonie et de sa solitude à Gethsémani. Il demanda également qu'une fête de réparation soit instituée.

Comme toutes les saintes, Marguerite-Marie dut payer le prix de sa sainteté. Certaines de ses sœurs lui étaient hostiles. Des théologiens, consultés, déclarèrent ses visions illusoires et lui conseillèrent de manger plus copieusement. Plus tard, des parents d'élèves la traitèrent d'impostrice, d'innovatrice non orthodoxe. Un nouveau confesseur, le jésuite Claude de la Colombière, reconnut son authenticité et la soutint. Malgré sa forte résistance, le Christ l'appela à s'offrir en sacrifice pour les manquements de ses sœurs et à témoigner de cela.

Après avoir été maîtresse des novices et supérieure adjointe, Marguerite-Marie mourut à l'âge de 43 ans, pendant qu'elle recevait l'onction des malades. Elle déclara : « Je n'ai besoin de rien d'autre que de Dieu et de me perdre dans le cœur de Jésus. »

Réflexion

Notre époque scientifique et matérialiste ne peut « prouver » les révélations privées. Les théologiens, interrogés à ce sujet, admettent que nous ne sommes pas tenus d’y croire. Mais il est impossible de nier le message proclamé par Marguerite-Marie : Dieu nous aime d’un amour passionné. Son insistance sur la réparation et la prière, ainsi que le rappel du jugement dernier, devraient suffire à conjurer la superstition et la superficialité dans la dévotion au Sacré-Cœur, tout en préservant sa profonde signification chrétienne.

16 octobre

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