L'histoire de saint François d'Assise
Le saint patron de l'Italie, François d'Assise, était un petit homme pauvre qui a stupéfié et inspiré l'Église en prenant l'Évangile au pied de la lettre — non pas dans un sens fondamentaliste étroit, mais en suivant réellement tout ce que Jésus a dit et fait, avec joie, sans limite et sans aucun sentiment de supériorité.
Une grave maladie amena le jeune François à prendre conscience du vide de sa vie insouciante à la tête de la jeunesse d'Assise. La prière, longue et intense, le conduisit à un dépouillement de soi à l'image du Christ, culminant dans l'étreinte d'un lépreux rencontré sur le chemin. Ce geste symbolisait son obéissance totale à ce qu'il avait entendu dans la prière : « François ! Tout ce que tu as aimé et désiré dans la chair, tu as le devoir de le mépriser et de le haïr, si tu veux connaître ma volonté. Et lorsque tu auras commencé cela, tout ce qui te paraît doux et beau aujourd'hui deviendra insupportable et amer, mais tout ce que tu fuyais se transformera en grande douceur et en joie intense. »
Du haut de la croix, dans la chapelle champêtre délaissée de San Damiano, le Christ lui dit : « François, va et rebâtis ma maison, car elle est sur le point de s'écrouler. » François devint alors un ouvrier totalement pauvre et humble.
Il devait se douter d'une signification plus profonde à l'expression « reconstruire ma maison ». Mais il se serait contenté, pour le restant de ses jours, de rester ce pauvre homme « sans le sou », posant brique sur brique dans des chapelles abandonnées. Il abandonna tous ses biens, déposant même ses vêtements devant son père terrestre – qui réclamait réparation pour les « dons » de François aux pauvres – afin d'être totalement libre de dire : « Notre Père qui es aux cieux ». On le prit un temps pour un fanatique religieux, mendiant de porte en porte faute de ressources pour son travail, suscitant tristesse ou dégoût chez ses anciens amis, et moqueries chez les esprits étroits.
Mais la sincérité finit toujours par se révéler. Quelques personnes commencèrent à comprendre que cet homme cherchait réellement à être chrétien. Il croyait sincèrement aux paroles de Jésus : « Annoncez le royaume ! N’ayez ni or, ni argent, ni cuivre dans vos bourses, ni sac, ni sandales, ni bâton » (Luc 9, 1-3).
La première règle que François donna à ses disciples fut un recueil de textes des Évangiles. Il n'avait pas l'intention de fonder un ordre, mais une fois celui-ci établi, il le protégea et accepta toutes les structures juridiques nécessaires à son fonctionnement. Son dévouement et sa fidélité à l'Église furent absolus et exemplaires à une époque où divers mouvements de réforme menaçaient son unité.
François était partagé entre une vie entièrement consacrée à la prière et une vie d'évangélisation active. Il choisit la seconde, mais se retirait toujours dans la solitude dès qu'il le pouvait. Il souhaitait être missionnaire en Syrie ou en Afrique, mais un naufrage et la maladie l'en empêchèrent à chaque fois. Il tenta de convertir le sultan d'Égypte lors de la cinquième croisade.
Durant les dernières années de sa vie relativement courte, il mourut à 44 ans. François était à moitié aveugle et gravement malade. Deux ans avant sa mort, il reçut les stigmates, les plaies réelles et douloureuses du Christ aux mains, aux pieds et au côté.
Sur son lit de mort, François répétait sans cesse le dernier ajout à son Cantique du Soleil : « Loué soit le Seigneur pour notre sœur la Mort. » Il chanta le psaume 141 et, à la fin, demanda à son supérieur la permission d'être dévêtu à l'heure de sa mort afin de pouvoir expirer nu sur la terre, à l'imitation de son Seigneur.
Réflexion
François d'Assise n'était pauvre que pour ressembler au Christ. Il reconnaissait dans la création une autre manifestation de la beauté de Dieu. En 1979, il fut nommé patron de l'écologie. Il fit une grande pénitence – allant jusqu'à présenter ses excuses à « Frère Corps » plus tard dans sa vie – afin d'être pleinement soumis à la volonté de Dieu. La pauvreté de François avait pour pendant l'Humilité, qu'il considérait comme une totale dépendance envers le Dieu bon. Mais tout cela n'était, en quelque sorte, qu'un prélude au cœur de sa spiritualité : vivre l'Évangile, résumé dans la charité de Jésus et parfaitement exprimé dans l'Eucharistie.
4 octobre
