13 septembre | Saint Jean Chrysostome

Saint Jean Chrysostome

L'histoire de saint Jean Chrysostome

L'ambiguïté et les intrigues qui entourent Jean, le grand prédicateur (dont le nom signifie « bouche d'or ») d'Antioche, sont caractéristiques de la vie de tout grand homme dans une capitale. Amené à Constantinople après douze années de service sacerdotal en Syrie, Jean se retrouva malgré lui victime d'une ruse impériale visant à le nommer évêque de la plus grande ville de l'empire. Ascétique, discret mais digne, et souffrant de maux d'estomac hérités de sa vie monastique au désert, Jean devint évêque sous le joug des jeux politiques impériaux.

Si son corps était faible, sa langue était puissante. Le contenu de ses sermons, son exégèse des Écritures, était toujours pertinent. Parfois, cette pertinence blessait les puissants. Certains sermons duraient jusqu'à deux heures.

Son train de vie à la cour impériale était loin d'être apprécié de nombreux courtisans. Il offrait une table modeste aux courtisans serviles qui l'entouraient, avides de faveurs impériales et ecclésiastiques. Jean déplorait le protocole de la cour qui lui accordait la préséance sur les plus hauts dignitaires de l'État. Il refusait d'être entretenu.

Son zèle le poussa à agir avec détermination. Les évêques qui avaient corrompu leur autorité furent destitués. Nombre de ses sermons appelaient à des mesures concrètes pour partager les richesses avec les pauvres. Les riches n'appréciaient guère d'entendre de Jean que la propriété privée découlait de la chute d'Adam, pas plus que les hommes mariés n'appréciaient d'entendre qu'ils étaient tenus à la fidélité conjugale au même titre que leurs épouses. En matière de justice et de charité, Jean ne tolérait aucune hypocrisie.

Distant, énergique et franc, surtout lorsqu'il s'emportait en chaire, Jean était une cible facile pour les critiques et les problèmes personnels. On l'accusait de se gaver en secret de grands vins et de mets raffinés. Sa fidélité en tant que directeur spirituel de la riche veuve Olympias provoqua de nombreux commérages visant à le discréditer en matière de richesse et de chasteté. Ses actions contre les évêques indignes d'Asie Mineure furent perçues par d'autres ecclésiastiques comme un abus de pouvoir, une extension non conforme aux préceptes canoniques de son autorité.

Théophile, archevêque d'Alexandrie, et l'impératrice Eudoxie étaient déterminés à discréditer Jean. Théophile, craignant l'influence grandissante de l'évêque de Constantinople, l'accusa de propager l'hérésie. Théophile et d'autres évêques indignés furent soutenus par Eudoxie. L'impératrice s'irritait de ses sermons qui opposaient les valeurs de l'Évangile aux excès de la vie de cour. Qu'ils aient été intentionnels ou non, les sermons mentionnant la sulfureuse Jézabel et l'impie Hérodiade furent associés à l'impératrice, qui finit par obtenir l'exil de Jean. Il mourut en exil en 407.

Réflexion

La prédication de Jean Chrysostome, par la parole et l'exemple, illustre le rôle du prophète : consoler les affligés et interpeller les bien-pensants. Son honnêteté et son courage lui valurent un ministère épiscopal tumultueux, la diffamation et l'exil.

12 septembre

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