L'histoire du bienheureux Frédéric Ozanam
Convaincu de la valeur inestimable de chaque être humain, Frédéric a œuvré sans relâche auprès des pauvres de Paris et a incité d'autres à servir les plus démunis du monde. Son œuvre se poursuit encore aujourd'hui grâce à la Société Saint-Vincent-de-Paul qu'il a fondée.
Frédéric était le cinquième des quatorze enfants de Jean et Marie Ozanam, et l'un des trois seuls à atteindre l'âge adulte. Adolescent, il commença à douter de sa religion. La lecture et la prière ne semblaient pas l'apaiser, mais de longues promenades et discussions avec le père Noirot du Collège de Lyon lui permirent d'y voir plus clair.
Frédéric souhaitait étudier les lettres, bien que son père, médecin, désirât qu'il devienne avocat. Frédéric se plia aux souhaits de son père et, en 1831, arriva à Paris pour étudier le droit à l'université de la Sorbonne. Lorsque certains professeurs se moquèrent des enseignements catholiques lors de leurs cours, Frédéric prit la défense de l'Église.
Un club de discussion organisé par Frédéric a marqué un tournant dans sa vie. Dans ce club, catholiques, athées et agnostiques débattaient des questions d'actualité. Un jour, après que Frédéric eut parlé du rôle du christianisme dans la civilisation, un membre du club lui dit : « Soyons francs, Monsieur Ozanam ; soyons aussi très précis. Que faites-vous, à part parler, pour prouver la foi que vous prétendez avoir ? »
Frédéric fut piqué au vif par la question. Il décida rapidement de joindre le geste à la parole. Avec un ami, il commença à visiter les immeubles insalubres de Paris et à offrir son aide du mieux qu'il pouvait. Bientôt, un groupe se forma autour de Frédéric, voué à aider les plus démunis sous le patronage de saint Vincent de Paul.
Estimant que la foi catholique avait besoin d'un orateur de talent pour en expliquer les enseignements, Frédéric convainquit l'archevêque de Paris de nommer le père dominicain Jean-Baptiste Lacordaire, alors le plus grand prédicateur de France, pour prêcher une série de sermons de Carême à la cathédrale Notre-Dame. Ces sermons connurent un vif succès et devinrent une tradition annuelle à Paris.
Après avoir obtenu son diplôme de droit à la Sorbonne, Frédéric enseigna le droit à l'Université de Lyon. Il obtint également un doctorat en lettres. Peu après son mariage avec Amélie Soulacroix, le 23 juin 1841, il retourna à la Sorbonne pour enseigner les lettres. Professeur réputé, Frédéric s'efforçait de faire ressortir le meilleur de chaque étudiant. Parallèlement, la Société de Saint-Vincent-de-Paul connaissait un essor important en Europe. Paris comptait à elle seule 25 conférences.
En 1846, Frédéric, Amélie et leur fille Marie partirent pour l'Italie, où il espérait recouvrer la santé. Ils revinrent l'année suivante. La révolution de 1848 laissa de nombreux Parisiens dans le besoin et dépendants des services des conférences de Saint-Vincent-de-Paul. On comptait alors 275 000 chômeurs. Le gouvernement demanda à Frédéric et à ses collaborateurs de superviser l'aide publique aux pauvres. Des saints de toute l'Europe vinrent en aide à Paris.
Frédéric a ensuite lancé un journal, La revue *The New Era* , consacrée à la défense de la justice pour les pauvres et les classes laborieuses, suscitait souvent le mécontentement de ses coreligionnaires catholiques face aux écrits de Frédéric. Qualifiant le pauvre de « prêtre de la nation », Frédéric affirmait que la faim et la sueur des démunis constituaient un sacrifice capable de racheter l'humanité du peuple.
En 1852, sa santé fragile contraignit à nouveau Frédéric à retourner en Italie avec sa femme et sa fille. Il mourut le 8 septembre 1853. Dans son oraison funèbre, le père Lacordaire décrivit son ami comme « une de ces créatures privilégiées, venues directement de la main de Dieu, en qui Dieu unit la tendresse au génie pour embraser le monde ».
Frédéric a été béatifié en 1997. Depuis, Frédéric a écrit un excellent livre intitulé Poètes franciscains du XIIIe siècle, Et comme son sens de la dignité de chaque pauvre était si proche de la pensée de saint François, il semblait approprié de l'inclure parmi les « grands » franciscains. Sa fête liturgique est célébrée le 9 septembre.
Réflexion
Frédéric Ozanam a toujours respecté les pauvres tout en leur offrant son aide. Chaque homme, femme et enfant était trop précieux pour vivre dans la misère. Servir les pauvres a permis à Frédéric de découvrir Dieu d'une manière qu'il n'aurait pu apprendre ailleurs.
7 septembre